Les premiers euros : 1999, la série zéro

Les négociations liée au Traité de Maastricht stipulent nombre d’impératifs auxquels doivent se plier les Etats-membres souscrivant à l’euro. Ces contraintes se formalisent peu à peu.

Les Etats-membres organisent un concours au niveau européen pour le dessin de la face commune de la première émission des pièces en euro.

Le 16 juin 1997, au sommet d’Amsterdam, le Conseil européen approuve la série proposée par Luc Luycx. Le 11 mai 1998, les Etats-membres déterminent les spécifications techniques des pièces libellées en euro destinées à la circulation. Le 28 décembre 2001, ils précisent les caractéristiques des pièces libellées en euro. Ainsi, chaque pièce doit présenter un revers (face) commun utilisé par tous pays de la zone euro. Celui-ci indique la valeur de la pièce. L’avers (face) national est laissé à la créativité de chaque Etat.

Luc Luycx propose une série de pièces pour les centimes et euros qui se veut claire, facile d’utilisation, compréhensible par tous et définissant l’euro comme la monnaie de l’Europe et des Européens. Les pièces présentent l’U.E. sous différentes formes avec, en toile de fond, les étoiles, symboles de l’Europe.

Les pièces de 1, 2 et 5 centimes indiquent la place de l’Europe dans le monde. Les pièces de 10, 20 et 50 centimes présentent l’U.E. comme un rassemblement de nations. Enfin, les pièces de 1 et 2 euros font apparaître une Europe sans frontières.

Si l’euro est mis en circulation le 1er janvier 2002 sous sa forme fiduciaire, la monnaie est plus ancienne, car en usage dès 1999 pour les transactions financières européennes.

C’est pourquoi certains Etats-membres décident de tenir compte de cette dernière année dans leur première émission de pièces. La Belgique, l’Espagne, la Finlande, la France, le Luxembourg frappent leur première monnaie avec la mention 1999 sur leur face nationale.

La production des pièces en euro de la Belgique est nationale ; la Monnaie royale de Belgique, sise à Bruxelles, frappe les pièces. La Banque nationale de Belgique se charge de leur mise en circulation.

Jan Alfons Keustermans est à l’origine de la première série belge, qui court de 1999 à 2006 inclus. Les huit pièces en euro de la Belgique ont un dessin unique comportant l’effigie du roi des Belges Albert II, accompagné de son monogramme, un « A » majuscule surmonté d’une couronne. L’effigie est tournée vers la gauche et entourée des douze étoiles du drapeau européen dans un anneau. Le monogramme et le millésime brisent l’harmonie de la disposition des étoiles. Aucune marque d’atelier n’est présente et le nom du pays n’y figure pas.

La production des pièces en euro de l’Espagne est nationale ; la Real Casa de la Moneda, sise à Madrid (siège social) et à Burgos, frappe les pièces. Cette institution se charge aussi de leur mise en circulation.

La première série espagnole court de 1999 à 2006 inclus. Les huit pièces espagnoles présentent trois dessins différents sur l’avers.

Garcilaso Rollàn est le graveur des pièces de 1, 2 et 5 centimes. La figure est celle d’une vue d’une partie de la façade baroque Obradoiro, de la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, en Galice. A gauche, en arc de cercle, la mention du pays émetteur, ESPAÑA. Entre les deux tours de la cathédrale se place le millésime. Le tout est entouré des 12 étoiles du drapeau européen.

Begona Castellanos est le graveur des pièces de 10, 20 et 50 centimes. L’effigie représente l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616), censé symboliser « l’universalité de l’homme et de son œuvre », tournée légèrement vers la gauche, à côté d’une plume et de son nom en arc de cercle, « Cervantes ». En haut à gauche, la mention du pays émetteur, ESPAÑA. Le millésime se situe en bas. Le tout est entouré des 12 étoiles du drapeau européen.

Luis José Diaz est le graveur des pièces de 1 et 2 euros. Elles portent le buste du roi Juan-Carlos Ier (de 1999 à 2014), tournée légèrement vers la gauche, avec la mention du pays émetteur, ESPAÑA. Le millésime en deux parties se situe entre les étoiles du drapeau européen. L’anneau extérieur se compose des 12 étoiles du drapeau européen.

Dans cette première série, certaines étoiles du drapeau européen sont en creux, alors que d’autres sont en relief. Sur les pièces de 1 à 5 centimes, cinq étoiles sont en creux. Sur les pièces de 10 centimes à 2 euros, quatre étoiles sont en creux.

La production des pièces en euro de la Finlande est nationale ; la Suomen Rahapaja, sise à Helsinki, frappe les pièces. Les institutions de la république veillent à répartir les stocks à travers son territoire.

La première série finlandaise court de 1999 à 2006 inclus. Les huit pièces finlandaises présentent trois dessins différents sur l’avers.

Heikki Häiväoja est le graveur des pièces de 1 à 50 centimes. La figure est celle du lion héraldique finlandais, tel que présent sur les armoiries de la Finlande, c’est-à-dire couronné, brandissant une épée à l’aide de la patte antérieure droite, elle-même protégée par une pièce d’armure, et marchand sur un sabre. Le millésime se situe sur la gauche. Les douze étoiles du drapeau européen entourent le tout sur l’anneau extérieur.

Pertti Mäkinen est le graveur de la pièce de 1 euro. L’effigie représente deux cygnes en vol au-dessus d’un paysage composé d’un lac et de collines. Elle est d’ailleurs le résultat d’un précédent concours lancé pour la conception d’une pièce commémorant le 80e anniversaire de l’indépendance de la Finlande. Le millésime se situe sur la droite sur une colline.Les douze étoiles du drapeau européen entourent le tout sur l’anneau extérieur.

Raimo Heino est le graveur de la pièce de 2 euros. Elle porte sur un paysage avec des baies et des fleurs de lakka (mûre des marais). Le millésime se situe en dessous. Les douze étoiles du drapeau européen entourent le tout sur l’anneau extérieur.

Il est à noter que sur cette première série, les pièces ne comportent aucune indication du pays. De plus, les pièces de 1 et 2 centimes ne sont pas utilisées en Finlande. Elles sont uniquement frappées pour les collectionneurs. Celles-ci ont donc respectivement une valeur commerciale de 1 et 2 centimes, mais se vendent entre collectionneurs. Les sommes sont donc, en Finlande, arrondies aux cinq centimes les plus proches ; cet arrondi est appliqué à la somme totale, tandis que les articles individuels sont précisés au centime près.

La production des pièces en euro de la France est nationale ; la Monnaie de Paris, divisée sur les sites de l’Hôtel de la Monnaie à Paris et l’établissement monétaire de Pessac, se charge de frapper les pièces.  L’article L. 121-3 du code monétaire et financier fixe les missions de l’institution. Pour le compte de l’Etat, en situation de monopole, elle frappe la monnaie métallique courante.

La première série française court de 1999 à 2006 inclus. Les huit pièces françaises présentent trois dessins différents.

Fabienne Courtiade est la graveuse des pièces de 1, 2 et 5 centimes : ces pièces, dites la nouvelle Marianne, représentent une jeune Marianne, aux traits déterminés, incarnant l’aspiration à une Europe forte et durable.

Laurent Jorio est le graveur des pièces de 10, 20 et 50 centimes : ces pièces, dites la Semeuse modernisée, s’inspirent de la Semeuse de Roty. Le thème de la semeuse était une constante dans l’histoire du franc français. Ce symbole, « moderne et intemporel », représente une France qui reste fidèle à elle-même tout en intégrant l’Europe ;

Joaquim Jiménez est le graveur des pièces de 1 et de 2 euros : ces pièces, dites l’arbre étoilé, symbolisent la vie, la continuité et la croissance. Elles sont contenues dans un hexagone et entouré par la devise de la République, « Liberté, Egalité, Fraternité ».

L’ensemble des huit faces porte le millésime, les initiales RF pour République Française, le nom de l’auteur et les douze étoiles de l’U.E.

La production des pièces en euro du Luxembourg n’est pas nationale ; la Monnaie royale des Pays-Bas se charge de frapper les pièces jusqu’en 2004 inclus. Les institutions du Grand-Duché veillent à répartir les stocks à travers son territoire.

Yvette Gastier-Claire est à l’origine de la première série luxembourgeoise, qui court de 1999 à 2006 inclus. Les huit pièces en euro présentent trois effigies différentes du Grand-Duc Henri. Sur tous les dessins figurent les douze étoiles de l’U.E.

Sur les pièces de 1 à 5 centimes, les étoiles, le nom du pays émetteur - LËTZEBUERG - et le millésime forment un cercle autour de l’effigie.

Sur les pièces de 10 à 50 centimes, les étoiles et le nom du pays émetteur forment ce cercle.

Sur les pièces de 1 et 2 euros, les étoiles sont disposées comme sur le drapeau européen.

This entry was posted in La monnaie. Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>